Anna Hamilton

Anna Hamilton

 

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Anna Hamilton (1864-1935), l’excellence des soins infirmiers – Evelyn Diebolt

 

Elle est née à Fiesole-Florence en Italie le 22 mai 1864 d’une mère tourangelle Zulma Pilatte et d’un père britannique Frédéric Hamilton dont trois de ses ancêtres furent annoblis au XVIIe siècle par le roi Charles Ier.
Elle fut naturalisée française par décret du 8 octobre 1899

Après des études primaires réduites (ce qui est fréquent à cette période pour les filles), et sous l’égide d’une amie de sa mère, Anna réalise la performance d’accomplir en seize mois, le programme de quatre ans d’études secondaires du premier cycle.

En 1889 à vingt cinq ans, elle prépare le concours d’admission à l’école de médecine de Marseille et les termine à Montpellier. Elle est reçue première de sa promotion et trois ans plus tard, sera diplômée dans la filière « officier de santé ». Elle est admise alors à poursuivre des études médicales.

Son père ne pouvant plus lui assurer plus longtemps une pension, elle prend la direction du dispensaire d’un hôpital suburbain tout neuf à Montpellier.

Si le matériel est neuf, les habitudes de travail du personnel sont hélas inchangées, remarque-t-elle. Pour sa thèse de médecine qu’elle soutient le 13 juin 1900, elle choisira le sujet suivant :

« Considérations sur les infirmières des hôpitaux ».
C’est alors qu’elle rencontre Elisée-Léon Déandris, banquier et homme politique inscrit à la gauche Républicaine. Il est heurté par les observations d’Anna et il rejette l’idée d’un personnel civil. Il lui accorde néanmoins, une bourse d’études et d’observation de deux mois pour qu’elle se rende à Londres, Paris et Lyon.
Cette phase de sa vie devient un moment-clé pour son avenir. Ses observations mettent en évidence le retard de la France dans le domaine de la formation du personnel en soins infirmiers. A Paris, où elle passe quinze jours, ses observations confirment ce qu’elle a vu à Marseille et Montpellier.
Dans sa thèse, elle décrit, analyse le milieu hospitalier, personnel et matériel, et mentionne des observations pertinentes, chose que personne n’avait jusque-là osé tant parmi les professeurs que les étudiants. Elle insiste en particulier sur la dignité offensée des malades qui la révolte, ces derniers étant trop souvent victimes d’abus inqualifiables de la part des personnels en charge.

L’épisode de sa soutenance de thèse est bien connue, elle a finalement affronté jusqu’au bout les anti-féministes. Après avoir récité le serment d’Hippocrate, elle est reçue médecin avec mention très bien pour la thèse et assez bien pour la soutenance. Elle la fait publier et cherche un emploi.

Le Docteur Anna Hamilton est recrutée en 1901 par la Maison de Santé Protestante de Bordeaux, située rue Rue Cassignol quartier des Chartrons, d’abord comme médecin résident puis quelques mois plus tard comme directrice de l’établissement.

 

 

 

 

Peinture d'Anna Hamilton
Anna Hamilton une battante et pionnière en soins infirmiers

En 1901 Mademoiselle le Docteur Anna Hamilton est nommée deuxième directrice de l’école. Elle crée un diplôme de garde-malade hospitalière qui précède de vingt ans le Diplôme d’Etat actuel. Alors s’ouvre une nouvelle période, qui durera plus de trente ans : un tremplin pour agir, démontrer, développer ses idées, et conceptions, les propager, créer de nouveaux centres d’enseignement, progresser et faire progresser la profession. Elle va donc agir.

Docteur Anna Hamilton et ses élèves (1915)
Docteur Anna Hamilton et ses élèves (1915)

En 1902, elle équipe les élèves d’un nouvel uniforme en autres la robe bleue pâle col et manchettes blanches, et le grand tablier blanc à bavette. La coiffe en tulle blanc changera d’aspect au fil des années.

Dès 1903, toutes les élèves reçoivent le diplôme de Garde Malade Hospitalière.

En 1904, les hospices civils de Bordeaux, sur la demande du Maire de l’époque, fondent à l’Hôpital du Tondu, une école d’infirmières et c’est Miss Elston adjointe de A. Hamilton qui en prend la direction.

En 1918, Mademoiselle Hamilton obtient des héritiers directs de Florence Nightingale le privilège de donner à son école le nom de l’héroïne de Crimée. A cette époque elle reçut la lettre suivante en réponse à sa demande faite à la famille de Florence Nightingale :

Madame,
Comme exécuteur testamentaire de Miss Nightingale, j’ai consulté les divers membres de la famille et je peux maintenant vous dire que nous sommes très heureux de vous accorder votre requête. J’espère que cette déclaration sera suffisante pour le dépôt à la Chambre de Commerce. nous tenons beaucoup à ce que le nom de Mrs Nightingale ne soit associé qu’à des institutions d’un caractère exceptionnel, telles que celle qu’elle aurait approuvées elle-même.
D’après les documents que vous nous avez soumis, il est certain que votre hôpital et votre école seront dirigés d’après ces principes élevés.
Permettez-moi de vous remercier pour la courtoisie de votre demande et la considération que vous avez manifestée à notre égard dans cette circonstance.
LN Shore Nightingale

L’acceptation parut au Journal officiel le 26 juillet 1919. Dorénavant, l’école porte le nom de Florence Nightingale.
En 1920, un don est fait par les Nurses Américaines pour aider à la construction d’une école d’infirmières dans le domaine de Bagatelle : domaine légué en 1915 par Mademoiselle Bosc.
Les nurses américaines ont versé chacune un dollar pour remercier les infirmières françaises des soins qu’elles avaient donnés aux soldates américains lors de la première guerre mondiale.

En 1921, inauguration de la nouvelle école "FLORENCE NIGHTINGALE".

En janvier 1934, malade, Mademoiselle Hamilton se retire. Elle est heureuse d’entendre les ouvriers finir le troisième étage de l’école et c’est une joie pour nous de savoir que cette grande Dame a pu constater que les plans qu’elle avait conçus furent à peu près réalisés.

En juillet 1934, Mademoiselle Cornet-Auquier (promo 1911) est nommée Directrice de la Maison de Santé et de l’école. C’est une autre page qui se tourne.

Mlle Cornet-Auquier
Mlle Cornet-Auquier

Anna Hamilton s’est endormie dans la paix de Bagatelle en octobre 1935 entourée de la garde d’honneur de ses élèves. Elle est enterrée dans le cimetière de Talence.

 

Nos archives

Lors de l’AG de 2004, Mme la directrice de l’école a parlé des archives entreposées dans une armoire de l’école. Elle fait remarquer que cette situation est préjudiciable pour tous ces trésors. Un groupe d’anciens s’est alors proposé pour trier, classer et conserver les documents et photos qui pour certains, datent de plus de 100 ans. Depuis, ce groupe se réunit plusieurs fois par an.
Plusieurs anciennes sont venues pour nous aider ce jour là car la tâche est immense et l’urgence apparaît en constatant la dégradation très avancée de certains documents.

Ces archives concernent tous les écrits, les récits et les travaux personnels de Mademoiselle Hamilton depuis ses études de médecine jusqu’à son décès à Bagatelle en 1935.

Il y a également à classer de nombreux autres documents, photos appartenant à des infirmières relatant leur séjour à Bagatelle mais qui resteront hélas anonymes faute d’identification.
Le groupe continue de trier et de ranger ces archives dans des classeurs, sous chemises plastiques provisoirement, car nous savons que ce n’est pas approprié. Elles font la distinction entre : archives originales, documentation, et photocopies, photos, dons récupérés de part et d’autres.

Conseils pour la conservation des documents. C’est un point très important. Le tri des photos se fait avec Mmes Crapuchet et Pargade.

I) Pour les albums photos, il faut les conserver tels quels, mais les mettre dans des boites spéciales (en matériau neutre, non acide) ; nous aurons un modèle et Mme Vatican nous donna tout le matériel)

2) Mettre un album photos par boite.

3) Faire un inventaire des albums et les numéroter soit : un N° par album

Pour les photos en vrac, essayer de les identifier, et de les classer dans des pochettes plastiques en  » polyane » et les reliées dans des « classeurs-boites » à anneaux ; le couvercle faisant boite.

Mme la directrice propose de venir nous aider un après-midi pour mesurer la grandeur des albums et nous porter des modèles.

Pour les documents, dans un premier temps, il faut séparer les photocopies, des originaux. L’aide des Archives Municipales est gratuite ; nous faisons don d’un annuaire des anciens de l’EFN.

Depuis, de nombreuses réunions ont eu lieu. Le travail accompli a permis la sauvegarde de documents uniques qui retracent avec émotion, l’histoire, la mémoire de notre Maison. Ce patrimoine représente pour nous toutes et tous, les valeurs qui ont fait la force de notre formation professionnelle mais aussi de notre reconnaissance.

A l’avenir, les jeunes générations pourront consulter l’ensemble de la documentation. Avec le changement d’époque, elles pourront faire la comparaison avec leur formation actuelle.

En 2011, à ce jour, le rangement des archives est terminé. Tous les documents sont déposés dans une armoire mise à notre disposition par Mme la directrice de l’école. Nous la remercions chaleureusement. Mais le travail n’est pas pour autant terminé. Une très importante bibliographie professionnelle est entreposée dans différents endroits et nous envisageons d’en faire l’inventaire et le classement. Dans l’immédiat, le souhait est de se pencher davantage sur la vie de Mademoiselle Hamilton et de restaurer son caveau à Talence.

Si vous désirez l’adresse d’un(e) ancien(e) élève contactez le secrétariat de l’école EFN

IFSI BP 50 048

33401 Talence

 

Avec son autorisation ; Extraits du livre « Bagatelle 1930-1958 »

de Simone Crapuchet promo 1938

Edition ETHIS Erès

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